body & healthy, maladie

L’anorexie mentale

Hey !

Je reviens aujourd’hui pour vous parler un peu plus en détails de ce qu’est l’anorexie mentale.

I- Qu’est-ce que c’est ?

L’anorexie mentale est une maladie, une TCA ou autrement dit, un trouble du comportement alimentaire. Elle consiste en une restriction alimentaire grave, une dénutrition sur une courte ou longue période, parfois sur des années, parfois chronique ou par phases. Elle peut être consciente comme inconsciente, ne dépend pas du sexe même si la majorité des personnes touchées est féminine, qui survient généralement à l’adolescence, et peut dans les cas les plus graves entrainer la mort.

II- A quoi est-elle due ?

Cette maladie est psychologique, ce qui signifie qu’elle n’est pas provoquée par un virus ou un symptôme physique mais par une cause interne à la personne concernée, une cause qu’elle va « s’imposer » elle-même ( je mets s’imposer entre guillemets car c’est un peu plus compliqué que cela, la personne ne se réveille pas du jour au lendemain en disant  » aujourd’hui, je me restreints parce que » ).

En général, l’anorexie mentale est associée à l’envie de perdre du poids, à une haine totale de son corps et un désir de minceur ( en associant les termes  » beauté  » et  » minceur « , ce qui n’est pas une vérité ). Les filles ou les garçons concernés ont dans leur esprit un idéal de beauté à atteindre et une mauvaise estime de leurs corps qu’ils jugent imparfaits et décident alors de se sous alimenter pour perdre le poids « en trop » ou se rapprocher de ce qu’ils estiment être la « perfection ».

Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Parfois, elle est due à la simple volonté de vouloir se faire du mal, de se détruire. La personne s’en veut pour une chose et estime qu’elle ne mérite plus d’exister. La nourriture étant associée à la vie, il n’est donc plus acceptable de manger. Elle peut aussi être due à une peur, peur de manquer de nourriture dans le futur suite à une perte d’un travail, un divorce… Peur de prendre la part de nourriture de ses proches également, peur de les priver donc se priver soi-même pour qu’eux ne manquent de rien… Cela peut être due à une expérience personnelle traumatisante, un deuil, un accident, l’arrêt du sport suite à une blessure… Ou encore une haine de soi, plus seulement du corps mais de soi, et donc, s’effacer complètement.

III- Quels sont les symptômes ?

Le premier, et le plus connu, est la privation de nourriture. La personne mange de moins en moins, tri ses aliments, éliminent des catégories d’aliments ( produits laitiers, féculents, légumineuses… ), refusent de finir une assiette entièrement, trouvent des excuses pour sauter des repas, comptent ses calories… Quand la maladie se prolonge, la sensation de faim n’est même plus ressentie. Le corps sécrète une hormone qui compense son besoin.

La dénutrition vient donc par la suite : perte de poids considérable, maigreur, mais également un teint terne, une perte de cheveux, une perte de vitalité en somme. Si cela s’éternise les ongles peuvent devenir cassants et les dents peuvent tomber.
L’arrêt des règles vient assez rapidement. Le corps ne s’estime plus capable de pouvoir donner la vie.

La sensation de froid constante. Le corps ne parvient plus à se réchauffer tout seul. Ce sera d’abord dans les extrémités ( nez, orteils, doigts ), puis les jambes et les bras… Parfois, on observe même la formation d’un duvet très fin sur l’ensemble du corps.

L’hyperactivité. La personne malade fait beaucoup de sport, refuse de s’assoir, de poser son sac, trouve tout les moyens possibles et inimaginables pour faire de l’exercice et « bruler des calories ». On peut ajouter à ce besoin de brûler que parfois, certaines personnes prennent des laxatifs ou se font vomir ( la boulimie et l’anorexie sont très souvent corrélées ).

Les troubles du sommeil, la dépression. La personne est extrêmement fatiguée, elle ne sourit plus, s’isole, ne sort que très rarement de chez elle. Elle se dénigre de plus en plus, refuse de s’habiller correctement, porte des vêtements trop larges. Les crises d’angoisse, de nerfs, parfois d’hystérie, les pensées suicidaires.

A noté, que bien souvent, ces symptômes sont méconnus du malade qui ne se rend pas compte des troubles dont ils souffrent et se « voilent la face » quant à la maladie.

IV- Pourquoi est-elle si dure à soigner ?

Pour pas mal de raisons que j’ai cité plus haut. Cette maladie est mentale et elle est due à des causes personnelles, très personnelles. De plus, la plupart sont dans le déni et ne réalisent même pas qu’ils sont malades.

Il faut tout d’abord que la personne soit consciente de ce qu’elle vit et de ce qui la ronge. Ensuite, il faut qu’elle l’assume, ce qui n’est pas facile, et qu’elle accepte de se faire aider, là encore c’est difficile.

Et, la solution pour guérir n’est pas si compliqué à trouver ; il faut remanger. Sauf que là encore, la mise en pratique n’est pas chose facile. L’anorexie ne se définie plus exactement comme une privation de la nourriture pour le patient, mais comme une peur de la nourriture. L’aliment est un danger. Un danger pour le poids, pour la santé, pour l’équilibre de vie. Lorsque moi-même j’étais encore à mes débuts de guérison, manger un bout de fromage de plus de 20g ou prendre un yaourt nature entier était inimaginable, parce que trop calorique, trop gras, trop sucré… Aujourd’hui encore, j’ai peur des aliments qui contiennent trop de sucre ou de mauvais gras, un croissant ou un petit écolier ce n’est même pas la peine d’y penser.

Il faut donc faire un gros travail psychologique avec le malade, et chaque cas est différent, pour qu’il réadopte une conduite alimentaire stable et sans danger, mais également pour que ce retour des bonnes habitudes restent dans le temps. Beaucoup de patients récidives après une hospitalisation ou dès que leur psychologues et nutritionnistes leur donnent un peu de leste.

Evidemment, c’est très difficile pour le patient qui doit continuellement affronter ses peurs face à la nourriture, face à la reprise de poids et face aux jugements. La patient a comme un dédoublement de la personnalité ( moi je l’ai vraiment vécu comme ça ) : celui qui sait et celui qui fait. Il y a la voix de la raison qui sait qu’elle doit se remettre à manger correctement si elle ne veut pas… et bien, mourir, et il y a celle qui agit devant son assiette. Malheureusement, entre les deux, c’est souvent le deuxième qui a le dernier mot, l’autre s’efface face à la maladie. C’est d’ailleurs pour cette raison que beaucoup de personnes appelle l’anorexie « Anna ». On lui donne une identité, un peu comme une amitié toxique, elle vous mène à la baguette, vous conseille, vous dit ce qui est bien pour vous, pour votre silhouette et votre bien-être alors qu’en réalité, elle vous tire plus vers le bas qu’autre chose.

Le patient doit donc, non seulement réussir à reprendre du poids et à l’accepter, mais aussi combattre ses peurs et se battre pour se détacher de la maladie qui est comme une petite voix dans notre tête. Toutes ses dualités, qui en plus sont propres à chacun, rendent le travail extrêmement dur pour les patients et pour les accompagnateurs ( parents, amis, médecins… Il y a très souvent une grande incompréhension de la part des proches ).

V- Est-ce possible de s’en sortir ?

C’est un peu la grande question. Beaucoup disent que non. Moi, je dois dire que je n’en sais rien. Mais j’espère que oui.

Je pense que tout dépend, là encore, de la personne atteinte. Certains n’en guérissent jamais, d’autres arrivent à reprendre du poids mais doivent toujours faire attention quant à leurs comportements alimentaires, et d’autres parviennent totalement à se libérer. Parfois, la maladie s’éteint pendant une longue période, mais il suffit d’un drame pour la faire ressurgir, parfois elle ne revient jamais.

Et puis je pense que l’on manque un peu de témoignage. C’est naturel, moi la première je ne raconte pas ce que j’ai ressenti en me faisant à manger ce midi, ou quand j’ai pris ma pomme à 17h. Je veux dire, personne ne raconte ce genres de détails du quotidien donc on ne peut pas vraiment savoir. Beaucoup de mes proches pensent que je suis complètement guérie alors qu’en fait je compte encore mes calories.

Je pense qu’une guérison totale est possible. Mais qu’il faudra toujours faire attention. Quand on fait une chose une fois, on peut le faire une deuxième. Mais avec assez de travail et de persévérance, je pense que c’est possible. Je pourrais vous citer des exemples comme Jujufitcat. Cette fille a été anorexique mais aujourd’hui, elle va beaucoup et semble ne plus avoir de problèmes avec l’alimentation. Sauf que je ne suis pas dans sa vie, et que je ne sais pas si elle est tout les jours en accord avec ce qu’elle mange ou si il lui arrive d’avoir des insécurités.

De plus, il faut aussi réussir à sortir de la dépression et de l’isolement qui sont venus avec l’anorexie mentale. Quand je vous dis que c’est comme une amitié toxique, je ne vous mens pas.

Autrement dit, c’est du travail. Mais en aucun cas, travail, effort et volonté ne riment avec impossibilité. Nous sommes des Warriors et nous pouvons y arriver. J’en suis certaine !

Voila, c’était mon petit mot de la fin. Sur ce, BIZOUS !!

 

PS : Je ne suis pas médecin, ni professionnelle. Si vous avez des questions vous pouvez me les envoyer mais je vous conseille d’en parler à des personnes plus aptes à vous répondre que moi ( infirmières, psy, docteurs…). Certaines informations peuvent également être incomplètes, ceci n’est qu’un résumé de ce que j’ai appris de ma propre expérience.

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