body & healthy, maladie

Mon histoire

Bonjour à tous,

J’espère que vous allez bien. Moi ça va. Je reviens aujourd’hui pour vous faire part de mon histoire personnelle, en lien à la maladie d’anorexie. Je l’ai annoncé hier dans mon blogday et je viens donc raconter ce qui m’est arrivé depuis deux ans maintenant.

Il faut donc revenir en septembre 2016. Avant cette rentrée scolaire, je faisais vraiment n’importe quoi en terme de nourriture et de sport. J’étais inactive au possible et je mangeais n’importe quoi, à n’importe quelle heure et dans des quantités déraisonnable. Pour donner un exemple, je pouvais manger des kinder bueno à 22h alors que j’en avais déjà manger un paquet à 16h et un autre le matin, ou alors je pouvais m’enfiler deux bâtonnets de saucisson à la place du déjeuner… Bref, avec tout ça, j’ai commencé à grossir, j’ai pris 10 bons kilos ( et c’est un miracle que je n’ai pas pris plus ) mais j’ai surtout commencé à être malade. J’avais des problèmes intestinaux et de digestion ( je vous passe les détails, ce n’est pas très glamour ).

J’ai donc décidé de me reprendre en main en septembre, comme un nouveau départ. Mais il n’y avait rien de drastique, il n’y avait pas de contrôle total ou de restriction. J’ai juste commencé à limiter ma consommation de chocolats, bonbons, viennoiseries, et à me remettre au sport. C’est là que mes règles se sont arrêtées. Mais il leur arrivé parfois de sauter des mois donc je ne me suis pas inquiéter plus que ça et ai laissé couler.

En décembre, suite à une dissection en SVT qui m’a complètement dégoutée, j’ai décidé de devenir définitivement végétarienne ( je vous en reparlerai plus en détails, ici n’est pas le sujet ). J’ai donc cessé du jour au lendemain de manger de la viande et du poisson. Le problème, et l’erreur que nous avons fait, c’est que mes parents ont d’abord cru que c’était une passe et nous n’avons donc pas chercher à les substituer par d’autres aliments. Dès ce moment là, les calories ont déjà été diminuée involontairement.

De septembre à après Noël, en 2017 du coup, j’ai maigris, naturellement évidemment grâce à ma remise en question et mon rééquilibrage. Mais j’ai commencé à changer physiquement et ça s’est vu. Donc on s’est mis à m’en parler et à me complimenter, à me dire que j’étais belle et qu’il fallait que je continue comme ça. Je n’ai jamais chercher à se qu’on me complimente ou à me mettre forcement en valeur, mais j’ai toujours eu une estime de moi assez faible ( à cette époque là en tout cas car aujourd’hui je vais bien mieux ) et lorsqu’il y a eu cet engouement autour de moi, je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais les choses ont déraillé. Dans mon esprit, ça a activé une nouvelle volonté, celle de ne pas reprendre. Je ne pouvais pas me permettre de me laisser aller à nouveau, de retomber dans mes torts et de redevenir celle que j’étais avant.

Alors j’ai commencé à diminuer mes portions, encore et encore sans m’en rendre vraiment compte. De février à avril 2017, je manger de moins en moins, jusqu’à parfois sauter des repas et tout faire pour en sauter justement, en trouvant des excuses valables non seulement pour les autres mais également pour moi. Je me « voilais la face » comme on dit. En plus de ça, je faisais de plus en plus de sport, jusqu’à en faire tous les jours de la semaine ( sauf le lundi, c’était mon jour de pause ^^ ). Mais comme je me sentais bien, que je perdais du poids et que je pouvais toujours tout faire sans me sentir faible et malade, je continuais. Je ne me rendais pas compte du fait que j’étais malade. Au contraire, il m’arrivait parfois de me sentir plus forte que les autres ( sans les dénigrer, juste par rapport à moi ), quand je les voyais manger énormément, ou des sucreries, je me disais  » regarde, toi tu peux le faire sans ça, tu n’as pas besoin de tout ça « .

Sauf que ma santé s’est dégradée. Mentalement et physiquement. J’étais devenue l’ombre de moi-même. Je me disais que c’était la faute des cours, du lycée, que j’étais fatiguée. Et oui effectivement, j’étais fatiguée, mais parce que je m’épuisais sans le savoir. Je me sentais capable de soulever des montagnes, et j’en aurais été capable par la force du mentale, mais un jour je me serai écroulée. Je passais mes heures de cours allongée sur ma table. Et puis je suis partie en voyage scolaire. Une semaine en Irlande. Autant cette semaine a été géniale pour tout ce que j’y ai vu et fait, autant elle a été une torture. J’étais fatiguée, on a très mal dormi sur le bateau, le midi je mangeais très peu car mes sandwichs étaient vraiment dégueus, et j’avais froid. Putain, je crois que c’était le plus horrible ça, j’avais froid tout le temps. Alors que je n’ai jamais été une fille frileuse. Et ça me faisais péter des cables de ne pas réussir à me réchauffer malgré mes pulls en laine. A certains moments, je faisais des crises de nerfs, j’étais à deux doigts de pleurer, juste parce que les choses ne se passaient pas comme prévues ( il faut dire que l’organisation de nos professeurs étaient vraiment mauvaise ). Il y a même une nuit, chez la famille d’accueil, où je me suis fait pipi dessus !! Vous vous rendez compte, là, de la faiblesse de mon corps.

En revenant de ce voyage, une amie a reçu un SMS d’une fille qui était au voyage avec moi et avec qui je ne partageais pas grande chose. Et j’ai vu ce message, où elle disait qu’elle s’inquiétait pour moi et qu’il fallait peut-être en parler à quelqu’un, le signaler. J’ai d’abord pris ça à la rigolade, ça m’a fait rire, je « savais » que je n’étais pas malade. Mais j’ai quand même commencé à me poser des questions. J’ai donc renvoyé un message à cette fille pour lui dire que j’allais bien, que je m’étais juste remise en forme et que je faisais maintenant 55 kilos. Et j’ai décidé de me renseigner sur l’anorexie, en pensant que peut-être, je commençais à être malade. Et là je me suis fait peur. Parce que j’ai compris que j’avais des symptômes en commun… Le vendredi suivant, j’étais chez l’infirmière du lycée. On a parlé, on m’a pesé… 45 kilos. Le choc a faillit me faire tomber, j’ai cru recevoir le ciel sur la tête. Je l’ai laissé appeler ma mère, mes parents.

C’est alors qu’un long parcours à commencer. L’assumer devant les proches est vraiment très dur mais nécessaire car je n’aurais rien pu faire seule. On a pris rendez-vous chez le médecin, chez une diététicienne, chercher un psy. J’ai eu une diététicienne géniale, adorable qui m’a orientée et guidée, rassurée sur mes capacités à guérir. Beaucoup m’ont dit que le simple fait que je sois allée de moi-même vers les professionnels étaient déjà le plus gros du travail, je voulais guérir. Les psys que j’ai vu étaient médiocres donc je n’ai pas eu de suivi psychologique malheureusement alors que ça aurait pu beaucoup m’aider. J’ai pris conscience que j’étais malade et je m »en suis beaucoup voulue, je me suis sentie extrêmement conne et stupide. J’ai toujours dit que je ne laisserai pas tomber là dedans et pourtant je l’ai fait.

Et puis, là le calvaire à commencer. Parce qu’avant même si j’étais fatiguée, tout ce faisait naturellement, j’étais en accord avec moi. Mais là, je ne l’étais plus, je savais que ce n’était plus moi qui dictait ma conduite mais l’anorexie. Comme pour un deni de grossesse, pleins de symptômes me sont tombés dessus d’un seul coup : les cheveux qui tombent par poignée ( heureusement que j’ai les cheveux épais sinon je serai devenue chauve ), les os qui ressortent, la fatigue physique, l’essoufflement… Et par dessus tout, les crises d’angoisses. Le plus horrible. Tous les soirs quand j’éteignais la lumière, je me torturais l’esprit. Parfois je restais sur mon ordinateur jusqu’à des heures pas possibles jusqu’à ce que je sois tellement crevée et que je m’endorme immédiatement, ou alors je me shootais à la Ventoline pour m’apaiser.

Mais malgré ça, je me suis battue. J’ai réessayé de manger des aliments que jusque là je ne mangeais plus ( yaourts, fromages, fruits secs… ). On m’a achetée des substituts de viande, et je pense que ça, ça a été le tremplin de ma réalimentation. Je suis passée d’environ 300 kcal ( j’ai compté plus tard ce que je mangeais avant de m’en rendre compte ) à environ 600 kcal. Petit à petit, j’ai augmenté encore et encore jusqu’à atteindre les 900 kcal. Mais la barre des mille a été extrêmement difficile à franchir. Il m’a fallu un électrochoc. Parce que même en mangeant plus, ce n’était toujours pas assez pour que je reprenne du poids, au contraire j’en perdais toujours. Je suis tombée à 40 kg environ. Nous étions en vacances ( aout 2017 ) et j’avais pris un bain, bain qui avait été une torture entre les cheveux partout et les os contre la baignoire, et je me suis vue dans le miroir, et là je me suis fait peur. Oui je voulais être mince, mais non je ne voulais pas être un squelette, or c’est ce que je devenais. Et là, j’ai dit stop. Et j’ai franchi cette putain de barre des mille.

Toujours progressivement, mais surement, j’ai recommencé à manger suffisamment, et j’ai repris du poids. L’année scolaire 2017-2018 a été ma renaissance. J’ai guérie physiquement, j’ai pris en maturité, je me suis remise à travailler, j’ai écrit trois livres, je me suis refait des ami(e)s, j’ai repris confiance en moi, j’ai fait du sport par plaisir, j’ai découvert une nouvelle passion dans la mode et les vêtements et pour finir en beauté, j’ai eu mon bac avec la mention très bien. Après tous mes effort, voilà mon prix.

Je préfère mon corps actuel et même si aujourd’hui je souffre encore sur quelques points phycologiques, je ne regrette pas forcément d’être passée par là car cette épreuve m’a fait grandir. Je suis devenue responsable, travailleuse, plus mûre et plus forte.

Oui, mes règles ne sont toujours pas revenues, oui je me restreint encore, oui je ne m’autorise pas à manger tout ce que je veux, oui parfois je suis à deux doigts de faire une crise d’angoisse quand je sais qu’à une soirée il va y avoir du dessert ou que nous allons devoir allée au resto et que je ne vais rien pouvoir manger, oui je compte encore toutes les calories que je mange. Mais tout ça, j’espère pouvoir le vaincre. Quand je vois tout ce que j’ai fait en un an, je me dis que je peux faire encore plus. J’ai le temps, et une nouvelle vie s’offrira très bientôt à moi.

Si vous êtes dans mon cas, n’ayez pas peur. Vous allez passer par des choses difficiles, c’est sure, je ne vais pas vous mentir en disant que c’est simple. Mais vous pouvez le faire. N’hésitez pas à aller voir des professionnels, parler avec vos proches ou si vous êtes comme moi, parlez seuls. Oui oui, seuls. C’est ce que moi j’ai fait, et croyez-moi, énoncer les choses à voix haute même si personne n’est là, ça aide beaucoup. Ca met les chose en perspective, ça aide a extérioriser. Trouver des choses qui vous passionnent, des choses qui vous montreront que vous êtes capables de vous réaliser, de vous rendre fiers.

On peut s’en sortir, peut-être pas entièrement et rapidement, mais on le peut. Il faut se battre, il faut être fort, mais on en est capable. Ne vous pressez pas, écoutez-vous, faites-vous confiance. Vous devez être prêts, faites des tests, défiez-vous, voyez-ça comme des petits challenges à réaliser chaque jours. Moi j’ai confiance en vous, je sais que vous pouvez le faire. Croyez en vous.

Je vous envoie tout mon courage et ma force dans ces mots. Prenez soin de vous.

Bizous !

2 réflexions au sujet de “Mon histoire”

  1. C’est très touchant comme témoignage. Je suis sincèrement désolée que tu ais eu à vivre cela, mais heureuse que tu ais la force d’en parler et que tu n’ais pas mis plus longtemps avant de te rendre compte que tu étais malade. Certaines personnes mettent des années avant de pouvoir ouvrir les yeux et le mal est déjà trop profond. J’espère sincèrement que tout ira mieux pour toi à partir de maintenant ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup !
      Oui je me rends vraiment compte que j’ai eu de la chance par rapport à ca, ma phase de déni n’a duré que très peu de temps alors que pour beaucoup ce n’est pas le cas…
      C’était il y a déjà un an maintenant et je vais déjà beaucoup mieux, ma vie a littéralement changée, merci

      J’aime

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